La tombe funéraire, ou monument funéraire, est un ouvrage destiné à perpétuer le souvenir et à matérialiser l’emplacement d’une sépulture. On distingue plusieurs sortes de sépultures, ou pierres tombales, selon que le cercueil est isolé ou non du sol, et en fonction de la taille et de la hauteur du monument :

  • le caveau
  • la tombe pleine terre
  • ou encore l’enfeu (majoritairement dans le Sud de la France)

Vous pouvez également vous reporter à l’article relatif aux modèles de sépultures les plus courants ici.

Le caveau

Le caveau est la sépulture la plus courante en France. Il s’agit d’une structure bétonnée enfouie sous terre, sous le monument, permettant d’isoler le cercueil de la terre.

Il existe plusieurs types de caveaux :

  • le caveau simple, ou les cercueils sont superposés les uns au-dessus des autres ave des dalles de séparation
  • le caveau tête-bêche, ou on peut disposer 2 cercueils par niveau, en tête-bêche l’un par rapport à l’autre. Il se construit sur une concession de 2m²
  • le caveau double, ou on peut disposer 2 cercueils l’un à côté de l’autre par niveau. Il se construit sur une concession de 4m²
Illustration d'un caveau simple

Illustration d’un caveau simple

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le caveau n’est pas étanche. Il laisse passer l’eau. Cela permet d’éviter l’effet « bouchon de liège » ou le caveau pourrait remonter à la surface si une inondation majeure venait à se produire dans le cimetière. L’eau pourrait « pousser » l’ensemble du caveau hors du sol, ce qui ferait mauvais genre, avouez-le.

Le « niveau » le plus proche du sol, que l’on peut voir sur l’illustration au-dessus, est dénommé le « vide sanitaire ». Il s’agit d’un espace vide de ~50cm de haut dans lequel il est interdit d’inhumer un cercueil. Cependant il est tout à fait possible d’inhumer une ou plusieurs urnes à cet endroit.

L’avantage du caveau, en plus d’isoler le cercueil de la terre et donc d’assurer une meilleure conservation du cercueil, est qu’il sert également de « fondation » au monument situé au-dessus et assure ainsi une très grande stabilité de l’ensemble de la sépulture.

Son inconvénient est qu’il est plus cher qu’une sépulture en pleine terre et peut prendre plus de temps à poser, ce qui peut être ennuyeux lorsqu’on est pris par le temps lors d’organisation d’obsèques.

La tombe pleine terre

La tombe pleine terre est comme son nom l’indique une tombe creusée à même la terre, ou les cercueils sont superposés les uns au-dessus des autres, et à laquelle il faut ajouter 1m de terre par-dessus. On compte ~50cm d’espace pour chaque cercueil. Donc pour une sépulture pleine terre 1 place, il faut compter un creusement de 1m50, et 2m pour 2 places.

Certaines religions préconisent que l’inhumation ne se fasse qu’en pleine terre. C’est en particulier le cas pour les enterrements musulmans : l’inhumation en pleine terre est obligatoire. Dans les pays qui l’autorisent, la France n’en fait pas partie, l’enterrement se fait sans cercueil en pleine terre pour les cérémonies musulmanes. Par ailleurs, le défunt doit être orienté vers la Mecque.

De nos jours il est interdit de construire de nouveaux cimetières confessionnels. L’ensemble des cimetières doivent pouvoir accueillir l’ensemble des religions. Cependant, pour des raisons de maximisation de l’occupation des sols et de praticité du à l’orientation spécifique des sépultures musulmanes, celles-ci sont bien souvent regroupées dans un carré particulier du cimetière.

Illustration d'une sépulture pleine terre avec une fausse case

Illustration d’une sépulture pleine terre avec une fausse case

Dans beaucoup de cimetières, en même temps que la sépulture pleine terre, il est obligatoire de construire une semelle (voir définitions ci-dessous). Celle-ci a pour but de délimiter la sépulture et d’éviter que les visiteurs ne marchent au-dessus du cercueil par inadvertance.

Pour des concessions de 30 ans ou plus, ou si vous souhaitez poser une semelle en granit (et non en ciment/béton) ou un monument, il est également nécessaire de construire une fausse case (désignée par la flèche « béton » dans l’illustration ci-dessus). Celle-ci va jouer le rôle de « fondations » et va empêcher que la sépulture ne s’affaisse avec le temps.

L’avantage principale de la sépulture pleine terre est son coût très modeste.

L’enfeu

L’enfeu est une case hors sol dans laquelle est placé le cercueil. L’enfeu peut accueillir un ou plusieurs cercueils. Il est surtout utilisé dans le sud de la France et de l’Europe. Cela peut s’apparenter à un columbarium, mais pour des cercueils et non des urnes.

Illustration d'un enfeu simple

Illustration d’un enfeu simple

Dans un contexte plus ancien, l’enfeu représentait un tombeau encastré dans les murs des différents monuments religieux comme les églises, les cathédrales ou les basiliques. Autrefois, ils étaient réservés aux religieux, aux nobles ou personnes importantes.

Le règlement intérieur des cimetières

Dans bien des cimetières urbains, notamment en région parisienne, les règlements intérieurs des cimetières sont devenus très stricts. Il est important de se renseigner sur ce qui est possible et sur ce qui ne l’est pas avant d’envisager la construction d’une sépulture.

Parmi les obligations/interdictions les plus courantes, on peut noter :

  • l’interdiction de construire un monument avec une surface polie. Celle-ci est considérée comme dangereuse et glissante lorsqu’il pleut. Un monument bouchardé (donc rugueux) est donc obligatoire dans certains cimetières
  • des obligations concernant la couleur de la pierre. Pour des raisons d’homogénéité et d’esthétisme, certains cimetières interdisent des couleurs de pierre, comme le noir ou le bleu
  • des interdictions concernant la forme du monument. Pour les mêmes raisons que la couleur de la pierre, il peut être interdit de construire un monument qui serait en complète rupture avec l’esthétique des autres monuments, voire qui serait injurieux
  • l’obligation de pose d’une semelle pour une sépulture pleine terre. Celle-ci sert à délimiter l’espace de la sépulture et à éviter que les visiteurs ne marchent sur la sépulture
  • l’obligation de pose d’une fausse case pour des concessions pleine terre de 30 ans ou plus, pour éviter l’affaissement de la sépulture

Pour des cimetières classés, il peut même arriver qu’un architecte des bâtiments de France intervienne pour la validation de la construction ou de la rénovation d’une sépulture.

Les différents éléments d’une sépulture

Comme pour tout ce qui touche à l’architecture en général, la dénomination des éléments d’une sépulture répond à des termes bien précis et souvent inconnus des non-initiés. Voici les principaux termes, regroupés sur l’illustration suivante.

Les différents éléments d'une sépulture

Les différents éléments d’une sépulture

Pour chacun de ces éléments, il existe des variantes esthétiques, avec chacune leurs dénominations. Celles-ci sont abordées dans un guide spécifique.


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