Pour chaque religion majoritaire en France, les soins et rites appliqués lors d’un décès varient selon les croyances. Bien sûr, lorsque la loi impose certaines pratiques, les autorités religieuses n’ont pas de pouvoir de passer outre. Cependant il est préférable d’être aux faits des us et coutumes de chaque culture et de leur signification. AdVitam décrit les pratiques mortuaires autorisées ou défendues et vous donne des explications. Pour en savoir plus sur l’approche cérémoniale de la mort pour chacune d’elle, vous pouvez également consulter nos guides plus développés.

Toilette mortuaireSoins de conservationDon d’organesDon du corps à la science
ArméniennesOuiOuiOuiOui
BouddhistesOuiOuiOuiOui
CatholiquesOuiOuiOuiOui
HindouesOuiNonOuiOui, crémation suite aux travaux anatomiques
JuivesOuiNonOuiNon, atteinte à l’intégrité du corps
MusulmanesOuiNonOuiNon, atteinte à l’oeuvre d’Allah
OrthodoxesOuiOuiOuiDésapprouvé
ProtestantesOuiOuiOuiOui
Toilettes rituelles selon les religions

Islam

Dans la religion musulmane, le rite de la toilette est une succession de plusieurs nettoyages à l’eau – un mélange odorant – pratiqués par 3 à 4 personnes désignées. Il faut en effet nettoyer ce que la mort a touché. Les proches eux-mêmes procéderont à des bains au hammam des jours durant suivant le décès.

Seules les personnes du même sexe que le défunt et son ou sa conjointe assistent et participent à la toilette dite purificatrice. Lors de cette toilette mortuaire, la tête du défunt est placée vers la Mecque. Aucun soin de conservation invasif n’est autorisé, la crémation est d’ailleurs prohibée. Au même titre, tout don ou photographie du corps du défunt est proscrit. Cependant au nom de la vie, le don d’organes est autorisé. Avant un enterrement musulman, le corps est enveloppé dans des pièces de vêtement blanc.

Judaïsme

Dans la religion juive, le corps du défunt reste intact par respect pour la sainteté de l’âme qui y a été reçue. Il faut donc éviter de le toucher. C’est pourquoi, à l’exception des rapatriements en Israël (obligation sanitaire), aucun soin de conservation n’est autorisé. De même, le don du corps à la science n’est pas envisageable. Le don d’organes non plus, sauf s’il y a possibilité de sauver une vie d’autrui par une greffe dans l’immédiat.

Maintenir une bougie constamment allumée, recouvrir le corps d’un linge immaculé, ne pas croiser les mains et, si possible lier ses lèvres. Tous les miroirs doivent être couverts ou retournés. Laissez la Hevra Kadisha se charger de la toilette rituelle. Elle consiste en une toilette purificatrice dans un bain (mikvé), pour le voyage de l’âme, à présent libérée du corps, vers l’au-delà.

Pour d’autres dispositions du rite juif, consultez notre guide sur l’enterrement juif.


Christianisme

Les chrétiens (catholicisme, orthodoxie et protestantisme) lavent les corps, comme dans toute croyance, mais n’associent aucune dimension religieuse à l’enveloppe corporelle du défunt. Pas de nettoyage de maladie, ou toilette purificatrice avant le voyage vers l’au-delà, il s’agit simplement de laver une dernière fois ce qui a été la demeure de la vie, ce qui a reçu le don de dieu. Même si les pratiques de thanatopraxie sont déconseillées, elles ne sont pas source de désapprobation prononcée lorsque le besoin sanitaire est de mise.

Catholicisme

La religion catholique n’impose aucun rite funéraire lors de la toilette mortuaire. Le corps du défunt est lavé avec autant de respect qu’un vivant lors de son baptême. L’aspersion avec de l’eau bénite n’a pas de signification purificatrice mais cherche plutôt à bénir, à confier à la bénédiction de Dieu.

Il conviendra, après avoir placé un chapelet ou une croix entre les mains du défunt, de lui croiser les doigts, pour un repos en toute piété. Sur demande de la famille, pendant un temps de prière accordé, un aumônier pratiquera une bénédiction lors de la cérémonie catholique.

Orthodoxie

Les orthodoxes considèrent le corps du défunt comme sacré au même titre que l’âme car destiné à recevoir le salut par le Christ. Même si la toilette mortuaire et la thanatopraxie sont autorisées, les atteintes au corps du défunt sont donc limitées (éviter l’autopsie). C’est pourquoi les dons du corps à la science ne sont pas approuvés. Le prélèvement d’organes est toutefois toléré car considéré comme acte de générosité envers la souffrance du malade.

Lorsqu’il s’agit d’un prêtre, la toilette rituelle doit être effectuée par un autre représentant de l’Eglise.

La dépouille corporelle doit reposer sur le dos, les mains croisées sur la poitrine, où sont posées la Croix et l’Évangile, quelquefois une icône. Pour ce qui est de l’habillement pour la cérémonie orthodoxe, un vêtement blanc, rappel de l’habit baptismal. Aucun draps sur le visage.

Protestantisme

Dans la religion protestante, le corps du défunt est nettoyé sans rituels particuliers. Lorsque la toilette mortuaire est terminée, on place auprès du corps du défunt une croix huguenote et une bible ouverte. Après une onction à l’huile sur le corps, le pasteur lit un passage biblique et la suite des obsèques peut se dérouler sans le défunt. En effet, pour les protestants lorsqu’un proche disparaît, l’hommage et les temps de recueillement sont destinés aux vivants et à la vie en son sens religieux.

Le don d’organes et du corps sont autorisés. Les toilettes mortuaires et soins de conservation ne sont pas empêchés mais leur pratique n’est pas nécessaire, car le défunt est rarement présenté en cérémonie.

Pour plus d’explications sur les approches protestantes du deuil, consultez notre guide.

Arméniennes

Selon les croyances arméniennes, des gestes sont censés libérer son âme des tourments : l’onction des malades, imposition des mains. La famille et les amis récitent des psaumes à son chevet.

Autrefois interdite, la crémation est désormais admise ainsi que le don d’organes. Cependant, le don du corps à la science constitue une atteinte à l’enveloppe corporelle et n’est donc pas admise. Au même titre, les soins de conservation ne sont autorisés que si la loi l’impose.

Les toilettes rituelles en fonction des religions

Hindouisme

La toilette dans la religion hindou, est superficielle car elle n’est qu’une étape dans le cycle de réincarnation. En effet, l’enveloppe corporelle doit être brûlée afin de libérer l’âme éternelle qu’elle contient.

La toilette rituelle est effectuée par les proches. Le corps est lavé d’une eau parfumée puis béni par le Dia (onguent au beurre), en plus de se voir appliquer des cendres et des feuilles de basilic. La tête est rasée et sera placée en orientation du sud, où vont les défunts. Pour permettre le passage vers d’autres niveaux vibratoires, une source lumineuse (bougie) est placée au dessus du crâne ainsi qu’une représentation iconographique de la divinité préférée du défunt devant ses yeux.

Les dons d’organes sont autorisés, mais la crémation étant nécessaire pour la libération de l’âme, on évite le don du corps à la science. De plus, l’embaumement (thanatopraxie) et tout maquillage du défunt sont défendus.

Bouddhisme

L’une des clés du bouddhisme réside dans la constatation de la non-permanence du matériel “tout périt inéluctablement”. La mort n’est donc qu’une étape du cycle perpétuel de transformations. C’est pourquoi les pratiques de toilette mortuaire et les soins de conservation sont tout à fait autorisés. Le don d’organes et du corps sont également envisageables.

Avant le décès, les proches assistés de moines restent cependant au chevet du défunt afin de réciter des passages des Écritures et aider jusqu’au bout sa méditation et transformation.

Une fois positionné d’une certaine manière (à l’image de Bouddha lors de sa mort), sa tête, par laquelle l’âme quitte le corps doit être touchée à plusieurs reprises.

Les défunts étant incinérés souvent plusieurs jours après leur mort, il est important de ne pas les déplacer.

Après le décès, différentes influences préconisent qu’après un bain rituel, le défunt soit de préférence vêtu de blanc. Que l’on introduise par ailleurs du Bétel (une plante sacrée) ainsi que des pièces d’argent dans sa bouche, pour le passage dans l’au-delà.

Pour les funérailles bouddhistes, il sera transporté au monastère pour l’exposition du cercueil suivi de rites requérant toujours la présence des moines.